Contes2018-03-02T19:18:17+00:00

Contes


Conte amérindien
Un vieil indien…

Un vieil Indien Cherokee initiait ainsi son petit-fils à propos de la vie:

“Une lutte est en cours à l’intérieur de moi”, disait-il à l’enfant.

“C’est une lutte terrible entre deux loups. L’un est plein d’envies, de colère, d’avarice, de jalousies, d’arrogance, de ressentiments, de possessivité, de mensonge, de supériorité, de fausse fierté.

L’autre est bon, il est paisible, heureux, serein, humble, généreux, vrai et remplit de compassion. Cette lutte a aussi lieu en toi, mon enfant, et en chaque personne.”

Le petit-fils réfléchit un instant et interrogea son grand-père:
« Lequel de ces deux loups va gagner la lutte ? »

Le vieil Indien répondit simplement : « Celui que tu nourris »


Conte Indien
La jarre félée

Un porteur d’eau avait deux grandes jarres suspendues aux extrémités d’une pièce de bois qui épousait la forme de ses épaules. l’une des jarres avait une fêlure et perdait presque la moitié de sa précieuse cargaison en cours de route, alors que l’autre jarre conservait parfaitement toute son eau de source jusqu’à la maison du maître.
Cela dura deux ans pendant lesquels, chaque jour, le porteur d’eau ne livrait qu’une jarre et demie à chacun de ses voyages. Bien sûr la jarre parfaite était fière d’elle, puisqu’elle parvenait à remplir sa fonction du début à la fin « sans faille ». Mais, la jarre abîmée avait honte de son imperfection et se sentait déprimée parce qu’elle ne parvenait à accomplir que la moitié de ce dont elle était censée être capable.

Au bout de deux ans de ce qu’elle considérait comme un échec permanent, la jarre endommagée s’adressa au porteur d’eau, au moment où celui-ci la remplissait à la source. « Je me sens coupable, et je te prie de m’excuser » « Pourquoi ? » demanda le porteur d’eau. » De quoi as-tu honte ? » « Je n’ai réussi qu’à porter la moitié de ma cargaison d’eau à notre maître pendant ces deux ans, à cause de cette faille. Par ma faute, tu n’obtiens pas la reconnaissance complète de tes efforts » lui dit la jarre abîmée. Le porteur d’eau, touché par cette confession, et plein de compassion répondit: « Pendant que nous retournons à la maison du maître, je veux que tu regardes les fleurs magnifiques qu’il y a au bord du chemin ».

Au fur et à mesure de leur montée sur le chemin, le long de la colline, la vieille jarre vit de magnifiques fleurs baignées de soleil au bord du chemin et cela lui mit du baume au cœur. Mais à la fin du parcours, elle se sentait toujours aussi mal parce qu’elle avait encore perdu la moitié de son eau.

Le porteur d’eau dit à la jarre : « T’es-tu rendu compte qu’il n’y avait de belles fleurs QUE DE TON CÔTÉ, et presque aucune du côté de la jarre parfaite ? C’est parce que j’ai toujours su que tu perdais de l’eau que j’en ai tiré parti. J’ai planté des semences de fleurs de ton côté du chemin et chaque jour, tu les as arrosées tout au long du chemin. Pendant deux ans j’ai pu, grâce à toi, cueillir de magnifiques fleurs qui ont décoré la table du maître. Sans toi, jamais je n’aurais pu trouver des fleurs aussi fraîches et gracieuses. »
Nous sommes tous des jarres fêlées et ce sont nos failles, reconnues et aimées, qui fécondent notre chemin!

 


Conte du Gange

Il était une fois un vieux roi qui venait de mourir. Mais il était mort trop tôt, son fils n’était pas assez mûr pour lui succéder. Il dût tout de même monter sur le trône, même s’il était inquiet d’être aussi peu formé pour la charge qui lui incombait dorénavant.
Devenu roi, il avait toujours cette pénible impression que la couronne lui glissait de la tête, qu’elle était trop large et trop pesante. N’y tenant plus, il osa le dire autour de lui à la cour.
Ses conseillers, au lieu de s’inquiéter étaient rassurés tout au contraire. Ils pensaient : « Sa conscience de ne peut pas savoir, de ne pas être prêt le prédispose à être un grand roi, car il sera capable de prendre conseil, d’écouter les suggestions, ainsi prendre des décisions sans précipitation. Il sera capable de reconnaître ses erreurs et d’accepter de la corriger. C’est positif. Réjouissons-nous pour le royaume. »

Mais le roi, lui, toujours aussi peut confiant en lui était soucieux d’apprendre, de s’instruire.
C’est pourquoi il fit venir tous les hommes les plus savants du royaume : les érudits, les moines et les sages avérés. Il prit certain de ces hommes pour conseillers et demanda aux autres de voyager à travers le monde pour quérir et rapporter toute la science connue à son époque afin d’en retirer la connaissance, voire la sagesse.
Certains partirent aussi loin que la terre pouvait les porter, tandis que d’autres écumèrent les océans jusqu’aux confins de l’horizon.

Tous revinrent seize ans plus tard, chargés de rouleaux, de livres, de sceaux et de symboles. Le palais était vaste, mais il ne put pourtant pas contenir une aussi prodigieuse abondance de science. Ainsi par exemple, le savant revenu de Chine, à lui seul, avait rapporté, sur d’innombrables dromadaires, les vingt-trois mille volumes de l’encyclopédie Cang-Xi, ainsi que les œuvres de Lao-Tseu, Confucius, Mencius et bien d’autres, tant renommés que méconnus !. Le monarque décida alors de faire construire une cité destinée à recevoir cette profusion de connaissance.

Un jour le roi parcourut à cheval la cité du savoir, telle qu’il l’avait fait construire. Il était dans l’ensemble satisfait de ses messagers, mais ce jour là il comprit qu’une seule vie n’aurait pu lui suffire pour tout lire, tout apprendre, tout comprendre. Il demanda donc aux lettrés, aux érudits de lire ces livres à sa place puis d’en tirer la “substantifique moelle”, l’essentiel, et de rédiger pour chaque science un ouvrage compréhensible.

Huit années passèrent encore avant que les savants puissent remettre au roi une bibliothèque constituée des seuls résumés de toute la science humaine. Le roi n’était plus tout jeune à cette époque là, mais il parcourut à pied l’immense bibliothèque ainsi constituée. Voyant la vieillesse arriver à grands pas, il comprit qu’il n’aurait pas le temps, en cette vie, de lire et d’assimiler tout cela. Il demanda donc à nouveau aux érudits qui avaient étudié ses textes, de rédiger un article par science, en allant droit à l’essentiel.

Encore huit années passèrent avant que la volonté du roi soit exaucée, car beaucoup des savants partis au bout du monde collecter toute cette connaissance étaient morts désormais, et les jeunes instruits qui reprenaient l’ouvrage en cours devaient préalablement tout relire avant de produire un article.

Enfin un livre en plusieurs volumes fut remis au vieux roi, à présent alité et malade. Ce dernier pria instamment chacun de résumer rapidement son article en une phrase.

Résumer une science en peu de mots, n’est certes pas chose aisée. Huit autres années furent donc encore nécessaires pour cela. A la fin, un seul livre fut conçu qui contenait une phrase et une seule sur chacune des sciences et des sagesses étudiées.

Au vieux conseiller qui lui apportait l’ouvrage, le roi alors mourant murmura :

– Donnez-moi une seule phrase qui résume tout ce savoir, toute cette sagesse. Juste une seule phrase avant ma mort !
– Sire, dit le conseiller, toute la sagesse du monde tient en deux mots « Vivre l’instant ».


Le bonheur par Lama Guendune Rinpoché

Il n’y a rien à faire pour la recherche du bonheur.
Le bonheur ne se trouve pas avec beaucoup d’effort et de volonté mais réside là, tout près, dans la détente et l’abandon.
Ne t’inquiète pas, il n’y a rien à faire.
Tout ce qui s’élève dans l’esprit n’a aucune importance parce que n’a aucune réalité. Ne t’y attache pas. Ne te juge pas.
Laisse le jeu se faire tout seul, s’élever et retomber, sans rien changer, et tout s’évanouit et commence à nouveau sans cesse.
Seule cette recherche du bonheur nous empêche de le voir.
C’est comme un arc-en-ciel qu’on poursuit sans jamais l’attraper. Parce qu’il n’existe pas, qu’il a toujours été là et t’accompagne à chaque instant.
Ne crois pas à la réalité des expériences bonnes ou mauvaises; elles sont comme des arcs-en-ciel.
A vouloir saisir l’insaisissable, on s’épuise en vain. Dès lors qu’on relâche cette saisie l’espace est là, ouvert, hospitalier et confortable.
Alors profites-en. Tout est à toi, déjà. Ne cherche plus.
Rien à faire. Rien à forcer. Rien à vouloir. Et tout se fait tout seul.


Conte Soufi

Il était une fois…

Il était une fois un vieil homme assis à l’entrée d’une ville du Moyen-Orient. Un jeune homme s’approcha et lui dit :
– Je ne suis jamais venu ici. Comment sont les gens qui vivent dans cette ville ?

Le vieil homme lui répondit par une question :
– Comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens ?

– Egoïstes et méchants. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’étais bien content de partir, dit le jeune homme.

Le vieillard répondit : Tu trouveras les mêmes gens ici.

Un peu plus tard, un autre jeune homme s’approcha et lui posa exactement la même question.

– Je viens d’arriver dans la région. Comment sont les gens qui vivent dans cette ville ?

Le vieil homme répondit de même :
– Dis-moi,mon garçon,comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens ?

– Ils étaient bons et accueillants, honnêtes, j’y avais de bons amis. J’ai eu beaucoup de mal à la quitter, répondit le jeune homme.

– Tu trouveras les mêmes ici, répondit le vieil homme.

Un marchand qui faisait boire ses chameaux non loin de là avait entendu les deux conversations. Dès que le deuxième jeune homme se fut éloigné, il s’adressa au vieillard sur un ton de reproche :

– Comment peux-tu donner deux réponses complètement différentes à la même question posée par deux personnes ?

– Celui qui ouvre son cœur change aussi son regard sur les autres, répondit le vieillard. Chacun porte son univers dans son coeur.


Conte d’Orient
Chance ou malchance ?

Dans un village un homme très pauvre possédait un cheval d’une rare beauté. Il était si magnifique que tous les riches marchands et puissants seigneurs de passage se proposaient de lui acheter dès qu’ils l’apercevait.
Mais le vieil homme refusait toujours. Cet animal est pour moi comme un ami, disait-il. Vendriez-vous un ami ?

Mais un beau matin, le vieillard découvrit que son cheval avait disparu. Les villageois, goguenards, lui dirent tous : On te l’avait bien dit ! tu n’avais qu’à le vendre quand on te le proposait. Maintenant, on te l’a volé… quelle malchance!
À toutes ces lamentations et railleries le vieil homme apportait invariablement la même réponse : chance ou malchance, qui peut le dire ? Les moqueries reprenaient alors de plus belle.

Mais 15 jours plus tard, le cheval revint avec une horde de chevaux sauvages. S’étant échappé, il avait séduit quelque belle jument et rentrait maintenant avec le reste de la horde. Quelle chance ! dirent les villageois. Mais le vieillard ne montrait aucun enthousiasme débordant, conservant son habituelle bonne humeur : chance ou malchance, qui peut le dire ?. Ses voisins ne pouvaient s’empêcher d’y voir ici une ingratitude devant la bonne forturne apportée par les dieux.

Le vieil homme et son fils voulurent dresser les chevaux pour les vendre ensuite aux riches du Royaume. Mais quelques semaines plus tard, le fils chuta d’un hongre et se brisa la jambe. Selon le guérisseur du village, il en gardera pour la vie une légère claudication. Ses amis le plaignirent alors de plus belle. Quelle malchance ! Sans ton fils, tu ne pourras dresser les chevaux pour les vendre! Toi qui est si pauvre… À son habitude, le vieil homme répondit alors : chance ou malchance , qui peut le dire ?

Seulement trois jours après la blessure, les soldats du roi prirent position dans le village et enrôlèrent de force tous les jeunes. Ils partaient pour une campagne lointaine, au-delà des montagnes qui bouchent l’horizon, faire la guerre à un autre peuple. Tous durent suivre la troupe sauf le fils qui ne pouvait marcher avec sa jambe brisée. Pleurant de désespoir, tous les villageois prirent le vieil homme à parti : ton fils reste avec toi alors que les nôtres vont certainement mourir à la guerre. On peut dire que la chance te sourit à toi qui garde ton fils unique!

Vous savez ce que le vieillard a répondu. Chance ou malchance…

 


Conversations… Chaplin et Einstein

Lors d’une rencontre, Chaplin et Einstein ont échangé ces mots savoureux
— Ce que j’admire le plus dans votre art, dit Albert Einstein, c’est son universalité. Vous ne dites pas un mot, et pourtant le monde entier vous comprend.
— C’est vrai, réplique Chaplin. Mais votre gloire est plus grande encore : le monde entier vous admire, alors que personne ne vous comprend.


Les jeunes gens

Un groupe de jeunes gens étudient en géographie les 7 merveilles du monde.
À la fin du cours, le professeur demande aux étudiants de faire une liste de ce qu’ils croient être aujourd’hui les 7 merveilles du monde.
Sauf quelques désaccords, les étudiants ont pour la plupart écrit sur leur feuille de réponse :
1 – Les Pyramides d’Égypte
2 – La grande muraille de Chine
3 – Le Taj Mahal en Indes
4 – Les statues de l’Île de Pâques
5 – Les pyramides de Chichen Itza au Mexique
6 – Le Colisée de Rome
7 – L’Alhambra en espagne

Tout en recueillant les réponses, le professeur aperçoit une jeune fille bien tranquille qui n’a pas encore commencé sa réponse, alors, il lui demande gentiment si elle éprouve quelque difficulté avec cette liste à rédiger.
La jeune fille lui répond : “Oui, en effet; je ne peux vraiment pas me décider, il y en a tellement.”
Le professeur de lui répondre : “Dis-moi ce que tu as trouvé, et je pourrai peut-être t’aider”
La jeune fille hésite, puis commençe à écrire :

1-  Voir
2 – Entendre
3 – Toucher
4 – Sentir
Elle hésite encore un peu puis continue avec:
5 – Courir
6 – Rire
7 – Aimer

Rire, c’est risquer de paraître idiot.
Pleurer, c’est risquer de paraître fragile.
Aller vers quelqu’un, c’est risquer de s’engager.
Exposer ses sentiments, c’est risquer d’exposer son moi profond
Présenter ses idées, ses rêves aux autres, c’est risquer de ne pas être compris.
Aimer, c’est risquer de ne pas être aimé en retour.
Vivre, c’est risquer de mourir.
Espérer, c’est risquer de désespérer.
Essayer, c’est risquer d’échouer.

Mais, le plus grand danger dans la vie,
c’est de ne rien risquer du tout.
Car celui qui ne risque rien peut éviter la souffrance et la tristesse mais il n’apprend rien, ne ressent rien, ne peut ni changer, ni se développer, ne peut ni aimer, ni vivre.
Enchaîné par sa certitude, il devient esclave, il abandonne sa liberté.
Seuls ceux qui risquent sont libres.

(auteur inconnu)