Chronique de Récréaclown2018-06-06T18:01:07+00:00

Poème

J’ai mis du rouge sur mon nez
Pour me rappeler d’oser.
C’est mon rituel d’homo- sapiens
La couleur sang de la Vie
Sur un organe martien
Qui, à tout, me fait dire « oui ».

Je suis là dans les coulisses
Mon coeur bat à tout va
Dedans, c’est le fatras
Allez, va-s’y! glisse…

Fière con centrée
Je fais mon entrée
Dans l’espace sacré
Où je suis autorisée
A ne pas « voir plus loin que le bout de mon nez »
A voir si « la moutarde me monte au nez »,
Si « j’ai quelqu’un dans le nez »,
Si « je m’y  casse le nez »,
Si « dans les affaires des autres, je vais fourrer mon nez »,
Si « je vais avoir le fin nez »,
Si  « je vais faire un pied de nez »,
Ou bien « un drôle de nez »,
Si « je vais mener quelqu’un par le bout du nez »
Ou bien « être nez à nez »…

Je prends mon temps
Pour « sniffer » chaque instant
Et offrir au public, là, devant
Mon coeur, comme un enfant!
Voilà, j’ai largué les amarres
J’ai mis mon guide à la barre
Et la Vie dans son entièreté
M’a inondée de vérité !

J’ai mis du rouge sur mon nez
C’est ma drogue dure
Je carbure à l’air pur
Avec ma vraie nature
Et que vive l’humaine aventure!

Patricia Mercier


« Au Jecours » !

On a demandé au Dalaï Lama … « Qu’est ce qui vous surprend le plus dans l’humanité ? » Il a répondu : « Les hommes … Parce qu’ils perdent la santé pour accumuler de l’argent, ensuite ils perdent de l’argent pour retrouver la santé. Et à penser anxieusement au futur, ils oublient le présent de telle sorte qu’ils finissent par non vivre ni le présent ni le futur. Ils vivent comme si ils n’allaient jamais mourir …… Et meurent comme si ils n’avaient jamais vécu. »
Ibsen écrit: « La plupart des gens meurent sans jamais avoir vécu. Heureusement, ils ne s’en aperçoivent même pas ».

Il semble que la course folle dans laquelle nous sommes entraînés, bon gré, mal gré n’est guère propice à un renforcement de la qualité du lien que nous tissons avec nous-mêmes donc avec notre vie et avec les autres! Pourtant, si je ralentis volontairement et que je m’extrais de cette fuite en avant, je peux me remettre à l’écoute de moi-même et curieusement le temps que j’ai passé à cela ne m’a pas fait perdre mon temps. Après coup, je remarque que j’y gagne en efficacité: mon esprit est plus clair, mes décisions plus justes et mes actes plus utiles. Un proverbe oriental dit: « Lorsque tu es pressé, fais un détour », François de Salles dit la même chose quand il dit: « réserve une demi-heure chaque jour à la prière, sauf lorsque tu as beaucoup à faire. Dans ce cas prends une heure ».

Là encore, le chemin du clown nous interpelle et rejoint ces sages invitations car la personne/nez-rouge a besoin de ralentir pour se contacter. Il n’y a rien à produire, juste être vraiment là … Se contacter ne se fait pas dans la précipitation. Sur la scène du clown, impossible d’échapper à l’échappatoire généralisé! Si je veux voir le bout du nez de mon clown, je dois prendre le temps de flirter avec mon « vide »… si je veux voir et connaître ce qu’il advient de ce contact, le facteur temps est incontournable. Or, ce qu’il advient toujours , c’est que quelque chose arrive qui me remplit de nouveauté. Ce « vide » dont j’avais si peur, parce que j’ai pris mon temps et que je l’ai accepté, m’a rempli d’autre chose, m’a renouvelé !

« La vie est trop courte pour qu’on soit pressé. » Henri Thoreau